Le festival Badara qui se tient pendant une semaine fin Janvier à Bobo Dioulasso au Burkina Faso, est une trouvaille de génie née de la nécessité. Koto Brawa a su créer un festival d’un genre nouveau qui, loin d’essayer de programmer des artistes prestigieux et souvent dispendieux, propose au contraire de mêler artistes confirmés et jeunes pousses locales pour créer de la musique et la restituer lors du concert de clôture qui a généralement lieu soit à l’institut français soit à la Villa Kambou.

Il attire chaque année parmi la fine fleur des musiciens Burkinabés ainsi que quelques étrangers de talent.

Le festival poursuit plusieurs objectifs :

  1. Distribuer : Collecter du matériel de musique (instruments, amplificateurs, sonos, cordes, accessoires, partitions…) pour permettre aux musiciens locaux de travailler dans de meilleures conditions
  2. Créer : Organiser des ateliers de création musicale mélangeant des musiciens étrangers et des artistes burkinabés. Le résultat de ces ateliers sera restitué  lors du concert final  de clôture
  3. Jouer : Des Jam sessions sont organisées dans différents lieux de Bobo-Dioulasso
  4. Partager : de mini-conférences  d’une heure sur des sujets techniques comme l’improvisation modale ou la pratique des instruments jusqu’à la méditation appliquée à la musique permettant d’enrichir les artistes en montrant des directions nouvelles ou inusitées

Sur les 7 jours du festival, une journée type de Badara se déroule comme suit:

  • 10:00-18:00 : Ateliers de création musicale (2 ou 3 groupes de musiciens) travaillant dans différents lieux de Bobo-Dioulasso
  • 19:00-20:00 : Conférences
  • 20:00 – 21:00 : Dîner des artistes
  • 21:00 – 01:00 : Jam Sessions

Une journée est laissée libre pour se reposer et visiter la région. Le concert de clôture au Centre Culturel Français verra se succéder sur scènes les différents groupes qui présenteront leurs créations. Un enregistrement de ce concert sera distribué sous forme de CD (aux généreux contributeurs)  ou d’accès libre en téléchargement sur le site du Festival pour les autres

Des villas sont louées pendant la durée du festival, en fonction du nombre d’artistes participants. Des voitures seront également disponibles pour assurer les déplacements des artistes.

Le résultat net de ce festival est un enrichissement mutuel des artistes étrangers et burkinabés aux travers des échanges, des liens forts d’amitié et d’affinité artistique qui se créent et toute  l’activité culturelle de la région qui s’en trouve renforcée.

La leçon à tirer de cette manifestation est son faible coût au regard du bénéfice qu’en tire le Burkina-Faso. Ceci est à opposer à d’autres manifestations dans le continent qui attirent des stars à des prix exorbitants pour des concerts uniques souvent réservés à une clientèle d’expatriés  et de privilégiés locaux. Lorsque le smic est à 50 € dans un pays, organiser un concert à 120 € la place est une aberration.

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