Dès lors que l’on parle de musicologie et d’Afrique, on se doit de dire ethno-musicologie ! Comme si la musicologie occidentale (l’analyse des quatuors ou sonates de Beethoven ou des suites de Bach) n’était pas, par essence, ethnique et eurocentrique.

Hormis l’exemple rare, l’arbre qui cache la forêt, de musiciens responsables qui documentent et s’évertuent à publier un témoignage de leurs recherches et innovations (Christian Bourdon, Aladji Touré, Mokhtar Samba), il est incroyable de penser que le premier livre un peu documenté sur le Sabar sénégalais et sur le Mbalax , son avatar moderne, est celui de Patricia Tang, une chercheuse du MIT !

Le travail de la plupart des musiciens africains de ces 50 dernières années peut se résumer  en deux approches scientifiques complémentaires :

  • Réappropriation et promotion d’un patrimoine ancestral dans la facture d’instruments (Ngoni, Kora, Balafons, tambours innombrables, mvet, arc de bouche, Kalimba…) et la musique (chants et mélodies anciennes…)
  • Transcription de rythmes et mélodies africaines sur des instruments modernes et/ou européens (guitares électriques, guitares basses, drumset, saxophones, trompettes,…)

Il importe que les artistes qui excellent dans ces approches les documentent au plus vite (ou se fassent accompagner pour le faire). Les occidentaux ont si bien compris cette nécessité de transmission qu’il n’est pas d’expert quel que soit le domaine qui n’ait laissé au moins des mémoires expliquant un peu son travail. Les américains sont très en avance là-dessus et sont l’exemple à suivre. Si l’on veut que la prochaine génération d’artistes africains soit de niveau mondial, il va falloir un peu paver le chemin.

Aujourd’hui avec Internet, la publication d’un texte est à la portée de tout le monde (Amazon, blogs,…).

Des monuments musicaux comme Habib Faye, Jimi Mbaye, Toto Guillaume, Eko Roosevelt, Manu Dibango, Youssou Ndour, Etienne Mbappé, Richard Bona, …et j’en oublie beaucoup, nous doivent des livres explicitant leurs recherches.

Laisser un commentaire