La mondialisation n’a pas que de  mauvais côtés. Alors que l’Occident (les USA en tête), déplore la fuite des emplois industriels vers la chine et le reste de l’Asie, il est un secteur où cet exode a apporté un énorme bol d’air frais : la facture d’instruments de musique !

Pour comprendre ce phénomène, il faut se rappeler que,  dans les années 60, les Toyota étaient des voitures de très bas de gamme souvent utilisées comme taxis en Afrique ! Voici  que 30 ans plus tard, elles sont aussi prisées que les Audi ou les Mercedes. Il en va de même pour les pianos ou cuivres asiatiques qui ont réussi à faire jeu égal avec les Steinway et Bosendorfer pour les uns voire à presque dépasser les modèles occidentaux comme les saxophones Yanagisawa et Yamaha (versus Selmer, Keilwerth…). Et que dire des guitares Ibanez, conçues en Corée du sud (versus Fender, Gibson…)

Il s’avère qu’avec la numérisation croissante des procédés industriels, les instruments de musique qu’ils soient de basse ou de moyenne catégories sont produits en Chine dans les mêmes usines sur les mêmes machines. Concrètement, un violon d’étude à 1000 € est produit dans la même usine et souvent, avec les mêmes machines, que des modèles à 80 €. Ces derniers auront évidemment des bois, cordes et archets de moins bonne qualité. Mais la standardisation aidant, ces instruments, une fois correctement réglés, sonnent de façon satisfaisante. Il en va de même pour la plupart des instruments classiques européens (clarinettes, saxophones, trombones, violoncelles, guitares…).

Dans le même temps, Internet a bouleversé en profondeur la manière dont nous communiquons (Facebook, Whatsapp,…), consommons (Amazon, AliBaba…) et apprenons (Youtube, Coursera,…). Il devient ainsi possible d’apprendre à peu près ce que l’on veut sur Internet pour peu que l’on puisse y accéder avec des temps de réponses acceptables.

En Afrique, l’une des principales difficultés que rencontrent les jeunes musiciens est le déficit d’écoles (ou conservatoires) pour se former (a fortiori, gratuitement) et la pénurie de matériel (instruments, accessoires…). La guitare étant souvent l’instrument le plus accessible, il y a donc une disproportion énorme entre le nombre de guitaristes et bassistes (électriques) par rapport aux autres instruments de l’orchestre. Ce manque de formation musicale théorique a pour conséquence une stagnation dans la qualité des compositions qui pèchent souvent par manque de construction et de sophistication. Il n’est que de comparer les musiques brésiliennes ou cubaines avec les productions africaines pour constater à quel point l’écart reste grand. L’équivalent de Heitor Villa Lobos ou Antonio Carlos Jobim (Brésil) , Astor Piazzola (Argentine), Ignacio Cervantes ou Manuel Saumell (Cuba) ou Agustin Barrios Mangoré (Paraguay) n’existe pas encore en Afrique Subsaharienne.

Alors, que proposer en lieu et place des états qui ont failli à leurs missions régaliennes ? Est-il possible que des initiatives privées soient efficaces et produisent des résultats durables ? La réponse à ces deux questions est évidemment Oui !

En s’inspirant de Jose Antonio Abreu qui a fondé et dirigé le programme El Sistema au Venezuela, il est possible de semer des graines qui révolutionneront le paysage musical et artistique en Afrique.

NZOLEX se propose de monter des « coups » ponctuels dans différentes villes d’Afrique de L’ouest pour lancer la pratique d’instruments sous-représentés tels que cuivres, cordes et anches. L’idée, qui est très simple, se fonde sur le mode de transmission des connaissances qui reste fondé sur l’oralité en Afrique. En clair, un musicien formé sur un instrument va spontanément transmettre à d’autres du fait du mode de vie communautaire et ouvert.

Il s’agira  de recruter un professeur de musique (Flûte traversière, violon, Violoncelle, composition, harmonie, solfège…) qui résidera un mois dans une ville en Afrique et initiera entre 10 et 20  pratiquants sur son instrument durant cette période. Ces pratiquants devraient avoir au moins 2 ans de pratique instrumentale pour ne pas partir de zéro et auront un per diem pour leur transport et repas. Il ne s’agit pas ici de compresser dix ans de conservatoire en un mois mais de donner les bases de la technique instrumentale permettant à un musicien motivé de continuer à se développer seul dans sa culture musicale.

Une ébauche de budget de ce type dans une capitale comme Dakar ou Cotonou pourrait se décliner comme suit pour 20 stagiaires :

Le suivi des progrès continuera à se faire par mail ou forum avec des points éventuels en visuel avec le professeur sur Skype, Google Hangout ou Whatsapp.

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